fleur femelle noisetier bourgeon femelle

Dès que le noisetier (Corylus avellana) fleurit en hiver, on s’intéresse à chaque fois aux inflorescences mâles, communément appelées “châtons”. Cela s’explique évidemment par les usages que l’on peut en faire. Pourtant, à quelques centimètres de là se trouvent ce que beaucoup appellent par erreur les fleurs femelles du noisetier. Pourquoi par erreur ? Parce que ce ne sont pas des fleurs. C’est ce que je vais vous expliquer dans ce petit article.

Ce que vous ne voyez pas vraiment

Ce petit bourgeon ovoïde que l’on pointe du doigt en disant « c’est la fleur femelle du noisetier » n’est pas une fleur au sens strict. Il s’agit d’un bourgeon mixte. C’est pour résumer une structure complexe qui renferme les ébauches des futures feuilles, des rameaux en devenir, et plusieurs fleurs femelles embryonnaires, toutes protégées par des écailles. En d’autres termes, les fleurs femelles du noisetier restent dissimulées à l’intérieur de ce bourgeon. Alors, qu’est-ce qu’on observe à l’extrémité de ce bourgeon, ces filaments rouges ? Ce sont les stigmates, les surfaces réceptrices du pollen. Ils appartiennent aux différentes fleurs dissimulées dans le bourgeon.

Le pollen libéré par les inflorescences mâles est transporté par le vent et se dépose sur ces stigmates. Là commence le processus de fécondation, aboutissant quelques mois plus tard à la formation des noisettes. Mais pendant tout ce temps, les fleurs femelles elles-mêmes restent invisibles.

Vous pensez voir la fleur femelle du noisetier ? Erreur. #botanique

Une discrétion qui s’explique

Cette discrétion des fleurs femelles s’explique par le mode de reproduction du noisetier, qui n’a pas besoin des insectes pollinisateurs pour se reproduire. Les inflorescences mâles libèrent d’énormes quantités de pollen dans l’atmosphère (et c’est une période assez délicate pour les personnes allergiques) et qui sont captées par les stigmates d’autres noisetiers. Dans ces conditions, l’évolution n’a jamais favorisé le développement d’organes floraux destinés à séduire les insectes. Pas de pétales colorés, pas de nectar, pas de parfum enivrant.

Appeler le bourgeon mixte du noisetier « la fleur femelle » reste possible pour simplifier. Mais cela n’empêche pas de prendre le temps d’expliquer que les fleurs restent dissimulées dissimulées à l’intérieur. Cela surprendra, c’est sûr, mais c’est ce qui permettra de s’en souvenir facilement.