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La maison celte, l’habitat du futur ?

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Voici un titre assez étrange, je l’admets. Et pourtant, en lisant cet article, vous découvrirez les raisons pour lesquelles la maison celte pourrait devenir l’habitat du futur.

Qu’est-ce qu’une maison celte ?

Illustration d'un habitat celte.

L’habitat celte est généralement constitué d’une structure en bois, de murs en torchis et d’un toit de chaume (de paille de seigle voire de roseaux, etc. mais cela diffère selon les régions). C’est la raison pour laquelle aucun monument de pierre n’a été retrouvé, si ce n’est ces cercles de terre et de pierre qui constituaient la base de l’habitat. Les premières maisons ne comportaient qu’une seule pièce et étaient rondes. La forme rectangulaire est arrivée plus tard.

Illustration d'une habitation celte et du fossé
L’objectif du fossé était principalement de prévenir l’infiltration d’eau à l’intérieur de la maison. Le fossé marquait la limite du toit, permettant à l’eau de s’écouler hors du toit vers le fossé, plutôt que de pénétrer à l’intérieur. La terre battue, étant plus étanche que la terre ordinaire, ne permet pas à l’eau de s’infiltrer.

Si les Celtes ne construisaient pas de maisons en pierre, ce n’est pas par incapacité. Ils privilégiaient avant tout l’accessibilité, la simplicité et le confort.

Des ressources accessibles, locales et abondantes

À l’âge de fer (vers 800 à 700 ans avant notre ère en Europe), les Celtes vivaient dans des fermes isolées et plutôt éparpillées. Il était donc bien plus facile d’utiliser les ressources locales pour construire sa maison, plutôt que d’acheminer la pierre. Le bois, la terre et la paille étaient des ressources locales et facilement accessibles en cas de besoin.

anecdote bosquet sauvage

En Irlande, on avait l’habitude de consulter les esprits du lieu avant de construire sa maison. Quatre bâtons ou quatre tas de pierres étaient installés la veille au soir. S’ils étaient intacts le lendemain matin, la construction pouvait débuter. Dans le cas contraire, il fallait choisir un autre emplacement.

Le confort

La maison celte avait pour avantage de préserver la chaleur en hiver et la fraîcheur en été.

Les avantages du torchis

L’habitat celte typique utilisait un ciment naturel appelé torchis. Il est réalisé à partir d’eau, de terre argileuse et de fibres naturelles comme de la paille. On le considère comme le premier matériau composite de l’humanité. Il présente de nombreuses qualités :

Exemple de mur en torchis
Mur en torchis au chantier médiéval de Guédelon. CC BY 3.0 Stefdn
  • Il est peu cher et accessible.
  • C’est un très bon isolant thermique et phonique, beaucoup plus performant que la brique.
  • Le torchis laisse respirer la structure en bois et l’empêche de pourrir.
  • Il est malléable et épouse les défauts
  • Le torchis est confectionné à partir de ressources de bases sans utiliser d’énergie, ce qui est bon d’un point de vue écologique.

L’usage du torchis était courant jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment dans la conception de maisons à colombages. En Occident, il est encore parfois utilisé dans la rénovation d’anciennes maisons.

Si le sujet vous intéresse, voici une vidéo très bien réalisée concernant les avantages et la pose du torchis.

Les avantages du toit de chaume

Ce type de toiture était principalement utilisé jusqu’au XIXe siècle, avant de tomber en désuétude. On assiste aujourd’hui à une forme retour en grâce grâce à ses nombreux atouts :

  • Une couche de chaume d’environ 30 centimètres d’épaisseur est appliquée sur le toit, créant ainsi une véritable barrière isolante externe. Les maisons bénéficient ainsi d’une isolation efficace contre le froid, la chaleur et le bruit, grâce à l’épaisseur des végétaux. On entend plus la pluie tomber sur le toit…
  • Il est si léger qu’il ne nécessite pas de charpente robuste pour le supporter.
  • Le toit de chaume est très résistant à la pluie, à la neige et à la grêle.
  • Sa durée de vie est estimée de 40 à 50 ans.
  • Le toit de chaume permet de se passer de gouttières.
  • La matière première est souvent locale et peu chère.
Un magnifique toit de chaume
Crédit photo : maison-travaux.fr

Le toit de chaume présente toutefois quelques inconvénients. Le toit nécessite un entretien régulier et l’intervention d’un chaumier tous les 3 à 5 ans en moyenne. Ces derniers sont pour l’instant assez rares, si bien que la main-d’oeuvre est souvent très chère. Enfin, les animaux et insectes apprécient particulièrement ce type de toiture.

Concernant le risque d’incendie, je préfère citer les chaumiers hauts normands : “Dans les faits, un toit de chaume en bon état n’est pas plus sensible au feu que l’ardoise ou la tuile. Il faut comprendre que le chaume n’est pas simplement de la paille ! Les bottes de chaume sont serrées de telle manière qu’elles forment une couverture étanche et résistante au feu. En revanche, une vieille toiture en chaume mal entretenue et couverte de mousse pourra devenir sensible au feu. Nous en revenons donc ici sur l’importance d’un entretien régulier pour ce type de toiture.Source.

Un changement de paradigme

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous détourner de ce qui semblait autrefois normal. La société de consommation nous a poussés à acheter une plus grande maison pour entasser encore plus de choses inutiles et montrer que nous avons réussi. Si s’endetter sur 25 ans pour s’acheter une maison est perçu par certains comme une réussite, je considère ça comme de la folie. J’apprécie le minimalisme et la simplicité des habitats alternatifs. À quoi bon dépenser de l’argent, du temps et de l’énergie pour entretenir une maison bien trop grande ? D’autant plus qu’à la fin, nous n’emportons rien et il ne nous reste que les souvenirs.

Les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses. Près de 27% de Français vivent en zones inondables, dans certains départements comme le Vaucluse, la moyenne est de 65%. Les sécheresses endommagent de plus en plus de maisons, les feux de forêt s’intensifient. Détenir beaucoup ne fait qu’accentuer la crainte de tout perdre et nous éloigne de l’essentiel.

La maison celte : une opportunité de s’adapter

Pourquoi s’obstiner à construire toujours plus grand quand on pourrait se contenter de beaucoup moins ? Privilégions les petits espaces faciles à chauffer et à entretenir et profitons davantage de l’extérieur.

Avec l’augmentation du risque de tout perdre, ne devrions-nous pas utiliser des matériaux et techniques simples et accessibles ? L’habitat celte constitue une base sur laquelle travailler. D’autres habitats alternatifs sont conçus dans cette optique.

Il faudrait évidemment adapter la maison celte pour le XXIe siècle : luminosité, système de chauffage adéquat, fenêtres avec double vitrage, parquet, plomberie, électricité, etc. Des adaptations sont possibles et elles ne me semblent pas insurmontables. La plus difficile me semble être de respecter les règles locales en vigueur. Difficile de faire accepter la construction d’une maison en torchis avec un toit de chaume. À moins de suffisamment s’éloigner des villes. La législation pourrait – au même titre que les mentalités – changer avec le temps.

Qu’est-ce que vous en pensez ?

Yvann Robinet
Yvann Robinethttps://bosquetsauvage.com
Je souhaite transmettre mes connaissances relatives aux plantes, partager mon intérêt pour l'autonomie et le développement de soi, promouvoir la connexion entre l'humanité et le monde naturel, remettre au goût du jour les mythes, les contes et les traditions païennes. Actuellement élève de deuxième année au Collège Pratique d'Ethnobotanique (créé par François Couplan), je proposerai prochainement des activités sur le terrain dans le massif des Ardennes. Je vous en parle bientôt...

Le saviez-vous ?

En Irlande, on avait l’habitude de consulter les esprits du lieu avant de construire sa maison. Quatre bâtons ou quatre tas de pierres étaient installés la veille au soir. S’ils étaient intacts le lendemain matin, la construction pouvait débuter. Dans le cas contraire, il fallait choisir un autre emplacement.

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