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Comment se nourrir en forêt

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La nature a tellement à offrir qu’il suffit de quelques connaissances pour identifier, cueillir et se nourrir facilement. Apprendre à se nourrir en forêt peut être utile pour les personnes souhaitant à terme y vivre ou s’installer à proximité. Ces quelques éléments d’informations seront aussi très utiles à court terme puisque personne n’est à l’abri d’une situation d’urgence : il peut arriver à tout le monde, même aux plus expérimentés de se perdre en forêt. Si la situation vous oblige à passer plus de temps que prévu dans la nature, avoir en tête quelques astuces pour vous nourrir ne peut que vous rassurer. Cela ne se limite pas aux champignons et aux baies !


Se nourrir de lombrics en forêt

Se nourrir en forêt avec les lombrics
Les lombrics sont une source de protéine accessible en forêt

Généralement, une personne qui se perd en forêt pense spontanément à cueillir des végétaux, à poser des pièges, à chasser ou à pécher. Pourtant, la nourriture la plus simple à trouver est sous vos pieds : les lombrics. Composé à 90% de protéines, on peut dire que c’est un gibier qui ne court pas vite. Les « récolter » ne nécessite pas beaucoup d’énergie et leur consommation n’est pas dangereuse. Il est plus facile de les trouver par temps de pluie puisqu’ils remontent naturellement à la surface. Vous pouvez les faire remonter en plantant un bâton dans le sol et en tapant dessus de gauche à droite. Une autre méthode consiste à poser une toile de jute sur le sol, la recouvrir de bois et de maintenir cet endroit humide. Vous aurez des vers en permanence. Pour les préparer, rien de plus simple ! Rincez-les vers une première fois pour les nettoyer puis laissez-les dégorger une dizaine de minutes dans de l’eau claire. N’hésitez pas à vider manuellement les vers les plus gros en exerçant une légère pression le long du lombric. Une fois bien propres, vous pouvez les couper en rondelles et les ajouter à votre bouillon sauvage, les faire poêler ou les manger crus. N’hésitez pas à assaisonner avec ce que vous trouvez dans la nature, le lombric n’a pas de goût particulier. Vous pouvez même le faire sécher et le réduire en poudre pour l’ajouter à vos diverses préparations l’hiver.

Avec davantage de patience, vous pouvez aussi manger des grenouilles, les sauterelles, les lézards ou les petits rongeurs.

Se nourrir des racines et tubercules en forêt

Il y a de nombreuses tubercules et racines en forêt. Elles sont plus riches en glucides de l’automne au printemps, lorsque la plante cherche à faire ses réserves. Il est toujours préférable de les faire cuire avant de les consommer.

– Le bulbe de l’oignon sauvage (Alium)

– Racine de la bistorte (Bistorta) (il est nécessaire de la faire tremper pour enlever l’amertume, Peut être grillée ou simplement blanchie et mangée comme un légume)

– Racine de potentille ansérine (Potentilla anserina) (peut être mangée crue, mais meilleure cuite)

– Racine de la consoude (Symphytum officinale) (peut être mangée crue ou cuite, mais jamais régulièrement ou en grosse quantité. Elle est toxique à long terme pour le foie.)

Se nourrir de glands en forêt

Vous n’avez parfois même pas besoin de creuser pour obtenir une bonne source d’énergie. Si vous trouvez un chêne, jackpot ! Ses glands nécessitent un peu de préparation, mais ils vous apporteront beaucoup de glucides. Les glands les plus doux, les moins riches en tanin et qui ne nécessitent pas de faire une longue préparation sont ceux du chêne vert (Quercus ilex) ou du chêne liège (Quercus suber) principalement présent dans le sud de la France.

Se nourrir en forêt avec les glands

Le gland est suffisamment à maturité lorsqu’il tombe au sol, vers septembre. Il n’est donc pas utile de les cueillir directement dans l’arbre. Les glands verts n’ont pas encore séché, contrairement aux marrons mais cela n’a pas d’importance puisqu’ils sont tous tous matures.

Vérifiez bien qu’ils ne sont pas véreux en les trempant dans l’eau : ceux qui remontent à la surface doivent être jetés. Coupez-les ensuite sur la longueur et enlevez la peau. Faites-les cuire ensuite dans plusieurs eaux pour enlever les tanins hydrosolubles. Faites bouillir pendant 15 minutes, jetez l’eau de cuisson et recommencez le processus jusqu’à ce que l’eau soit claire. 3 à 4 cuissons suffisent généralement, mais il en faut parfois plus. Goûtez de temps à autre pour vous assurer de l’absence de tanins : si l’âpreté a disparu, cela signifie que les glands sont prêts à être consommés. Vous pouvez manger les glands en purée.

Il est possible de les faire sécher au four à 100 degrés puis de les réduire en poudre. Plus la température de séchage est basse, et moins le goût sera prononcé. En choisissant une température de 180 degrés, vous obtiendrez un succédané de café. Conserver les glands dans des bocaux est aussi envisageable : ajoutez les glands cuits dans un bocal avec joint en silicone avec 2 cuillères à soupe d’eau. Faites-les cuire ensuite au stérilisateur ou à la cocotte pendant 1 heure 30 à 100 degrés.

Se nourrir en forêt grâce aux plantes comestibles

Au printemps, n’hésitez pas à profiter des jeunes pousses de plantes comestibles. Elles poussent rapidement et il elles peuvent exceptionnellement être mangées crues sans risque d’échinococcose. En dehors des jeunes pousses du printemps, essayez de cueillir ce qui se trouve au dessus de 50 cm du sol minimum. Vous pouvez cueillir ce qui se trouve en dessous si vous faites cuire votre récolte.

L’alliaire officinale (Alliaria petiolata). Elle est facilement reconnaissable grâce à l’odeur d’ail qu’elle dégage lorsqu’on froisse ses feuilles. Faites la cuir pour diminuer son amertume.

Le plantain pour se nourrir en forêt
Plantain

Les plantains (Plantago spp.). On trouve les plantains partout et toute l’année. Les feuilles de cette plante ont un bon goût de champignon. J’ai rédigé un article complet sur les plantains.

Le cerfeuil vulgaire ou l’anthrisque commun. (Anthriscus caucalis). Elle est délicieuse en gaspacho ou en soupe. Elle fait partie de la famille de la carotte mais aussi de la grande ciguë. Il faut donc parfaitement l’identifier avant de la consommer !

Le cerfeuil des bois ou l’anthrisque des bois (Anthriscus sylvetris). Elle appartient à la même famille que le cerfeuil vulgaire. Vous pouvez consommer ses feuilles qui sont très savoureuses crues au printemps ou même à la vapeur. Sa racine n’est en revanche pas pas comestible.

L’ail des ours (Allium ursinum). Elle est délicieuse en soupe, en pesto ou dans une salade. Utilisez vos sens pour l’identifier parfaitement et ne pas la confondre avec le muguet.

L’ortie (Urtica dioica). Une plante incontournable riche en protéines que vous pouvez consommer toute l’année. Son goût est cependant meilleur avant sa floraison. Elle est présente en grande quantité dans certaines forêts.

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Se nourrir de feuilles d’arbres en forêt

Le printemps est aussi la saison idéale pour se nourrir des feuilles d’arbres et d’arbustes de différentes espèces.

Le tilleul (Tilia sp.). Ses feuilles restent douces jusqu’à la fin du mois de juin environ. Vous pouvez les consommer toute l’année en les faisant blanchir ou en soupe. Tous les tilleuls sont comestibles mais les feuilles des tilleuls argentés et à petites feuilles sont les meilleures au goût. Les fleurs sont aussi comestibles ! Profitez-en !

Le chêne (Quercus sp.). Elles ont un petit goût acidulé et de noisettes. Dès que les feuilles grandissent, elles se chargent rapidement en tanin et deviennent âpres. Il est donc préférable de les consommer dans la première semaine, lorsqu’elles sont encore de couleur vert clair. Le chêne est présent un peu partout : c’est idéal pour se nourrir en forêt.

L’érable plane (Acer platanoïdes). La saveur de ses feuilles est agréable au stade jeune.

Le hêtre (Fagus sylvatica). Feuilles acidulées avec un goût plutôt doux lorsqu’elles sont encore jeunes.

L’orme (Ulmus sp.) Ses feuilles sont douces au début du printemps. Sachez que ses fruits apparaissent avant les feuilles et sont directement comestibles crus ou en poêlés.

Le merisier (Prunus avium). Ses jeunes feuilles ont un léger goût d’amande amère. Elles sont comestibles au stade jeune et avec modération. Ses fleurs sont aussi comestibles.

L’aulne glutineux (Alnus glutinosa). Ses feuilles sont un petit goût de réglisse. Elles sont aussi comestibles lorsqu’elles sont jeunes et avec modération.

Le micocoulier (Celtis australis). Ses feuilles sont douces et fruitées au début du printemps.

L’aubépine (Crataegus monogina). Ses feuilles sont très agréables jusqu’au mois d’avril.

L’églantier (Rosa canina). Ses feuilles sont comestibles toute l’année, mais bien plus agréables au printemps. N’hésitez pas à en faire des tisanes.

D’autres feuilles se consomment, comme celles du Charme (Carpinus betulus), du bouleau (Betula verrucosa) de l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus), mais leur saveur est beaucoup moins agréable. Sachez qu’il est tout à fait possible de consommer ces feuilles crues en salade, cuites dans une soupe ou à la poêle.

Comment se nourrir en forêt l’hiver ?

Si en été, la quantité de nourriture disponible vire à l’accès, la situation est tout autre en hiver. Le corps a pourtant besoin de davantage de calories pour rester au chaud.

Il est possible de consommer des baies qui restent disponibles pendant toute la période hivernale. Le fruit de l’aubépine, aussi appelé cenelle, est comestible à partir du mois de septembre. Il est alors bien rouge et ferme. Même s’il flétrit et vire au marron en hiver, il reste comestible.

Le Cynorhodon est riche en vitamine C
Le Cynorhodon est riche en vitamine C.

Le faux-fruit de l’églantier est un cynorhodon peut être consommé de novembre jusqu’à la fin de l’hiver. Il est considéré comme mature lorsqu’il est bien rouge, mais il est meilleur une fois blet, légèrement mou. Il suffit alors de faire pression entre vos doigts pour faire sortir sa pulpe tout en laissant les akènes et les poils à l’intérieur. La pulpe est sucrée, riche en vitamine C. S’il est dur, ouvrez-le en deux et enlevez les akènes pour profiter de la pulpe légèrement acidulée. La présence de quelques poils n’est pas gênante. Ils sont d’ailleurs très utiles contre les vers intestinaux. La pulpe contient des tanins ellagiques aux propriétés antiseptiques, astringents, antidiarrhéiques et cicatrisants.

Observez votre environnement, si vous voyez un chêne et que vous disposez de suffisamment de combustible, recueillez les glands dissimulés sous la neige et faites-les cuire avant de les consommer. Si vous voyez des tiges dressées et séchées, ainsi que des fruits prêts à s’accrocher à tout ce qui passe, il peut s’agir de bardane. La plante a terminé son cycle et n’est plus utile. En revanche, les plantes à proximité sont peut-être de jeunes bardanes âgées d’une année. C’est le bon stade pour recueillir leurs racines charnues à la douce saveur d’artichaut.

L’écorce intérieure (le cambium) de plusieurs arbres est comestible. Le bouleau et le pin ont le cambium le plus agréable. Vous pouvez le macher, l’infuser comme du thé, le faire frire, le bouillir ou le sécher pour le conserver. Vous pouvez néanmoins consommer le cambium d’autres arbres en cas d’extrême nécessité, excepté celui du châtaigner ou du chêne qui contiennent trop de tanins pour être consommé.

Se nourrir de champignons en forêt

Vous pouvez aussi croiser des champignons en hiver. Ne consommez jamais un champignon que vous n’avez pas identifié à 100%. Voici quelques exemples :

Le pleurote en huitre (Pleurotus ostreatus), aussi appelé pleurote d’hiver, se développe sur les troncs de feuillus morts ou blessés.

La lépiote élevée (Macrolepiota procera), aussi appelée coulemelle, est présente lorsque l’hiver est doux dans les forêts claires de feuillus sous des arbres bas ou des plantes.

Le pied de mouton (Hydnum Repandum), présent sous les feuillus et parfois aussi sous les conifères.

Voici une liste de cinq champignons faciles à identifier.



Quelles sont vos astuces pour trouver de la nourriture en forêt ? 😊

Yvann Robinet
Yvann Robinethttps://bosquetsauvage.com
Je souhaite transmettre mes connaissances relatives aux plantes, partager mon intérêt pour l'autonomie et le développement de soi, promouvoir la connexion entre l'humanité et le monde naturel, remettre au goût du jour les mythes, les contes et les traditions païennes. Je proposerai prochainement des activités sur le terrain dans le massif des Ardennes. Je vous en parle bientôt...

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