AccueilPlantes sauvagesN'ayons pas peur d'utiliser le nom latin des plantes

N’ayons pas peur d’utiliser le nom latin des plantes

Date:

Vous pouvez aussi lire...

Étudier les familles botaniques pour reconnaître rapidement les plantes…

Étudier les familles botaniques permet d'identifier rapidement les plantes...

La véronique de Perse, une plante comestible ?

La Véronique de Perse (Veronica persica), aussi appelée véronique...

6 plantes sauvages riches en protéines

Il faut manger de la viande pour faire le...

La consoude officinale

La consoude officinale, également connue sous le nom scientifique...

Résilience et plantes sauvages

Quel est le lien entre résilience et plantes sauvages...

Les plantes sauvages vous intéressent de plus en plus, mais le nom latin des plantes vous fait peur ? Sachez que je vous comprends. Je suis moi-même passé par-là. Je fais partie des personnes qui n’ont pas souhaité s’inscrire à l’option latin. À quoi bon apprendre une langue morte, me disais-je ? 

Ceci dit, je ne pense pas que ces connaissances soient indispensables pour celle ou celui qui commence à utiliser le nom scientifique des plantes. Être au contact du latin pendant mes études m’aurait toutefois permis d’éviter de ressentir une forme d’appréhension. 

Bon, en réalité, il y a un fossé entre utiliser le nom scientifique d’une plante et étudier et apprendre le latin. C’est en utilisant ce nom régulièrement qu’on l’intègre pleinement. Je vais vous présenter les raisons pour lesquelles nous devrions tous adopter le nom scientifique des plantes.

Utiliser le nom latin des plantes pour gagner en précision

Votre grand-mère vous raconte qu’elle aimait énormément cueillir “l’ortie blanche“, tandis que votre grand-père vous évoque l'”ortie morte“. Vous ne comprenez pas vraiment et demandez à ce que l’on vous montre la plante. Il s’agit du lamier blanc, nom qui n’est pas vraiment utilisé dans la région où vos grands-parents vivent. Vous comprenez peut-être mieux l’utilité d’utiliser le nom scientifique Lamium album. L’étymologie nous rappelle ici que les fleurs de ce lamier sont blanchesalbum“. Ce qui permet de le différencier du lamier pourpre (Lamium purpureum) ou du lamier maculé (Lamium maculatum). 

Le nom scientifique permet une identification sans équivoque de la plante dont il est question. Il vous sera par ailleurs beaucoup plus facile de comprendre et de parler d’une plante lorsque vous voyagerez dans une autre région ou un autre pays. Bien sûr, vous pouvez rétorquer qu’il s’agit d’un apprentissage personnel, pour vous-même, et qu’intégrer le nom latin des plantes est une perte d’énergie. Vous vous trompez…

Le nom scientifique pour éviter les confusions malheureuses…

Vous avez été invité par votre fils à dîner. Il est très fier de vous faire découvrir son plat, même s’il appréhende un peu. C’est la première fois qu’il le cuisine, certes, mais il l’a agrémenté d’une petite touche personnelle qui devrait vous faire succomber. Il y a quelques jours, vous lui avez parlé de plantes sauvages et vous vous sentez particulièrement fier(e) de le voir déjà mettre en application ces nouvelles connaissances.

Vous goutez enfin…. c’est rudement amer ! “Dis-moi, qu’est-ce que tu as mis dedans ?“. Pendant que vous tentez bon gré mal gré de faire bonne figure, vous écoutez les explications de votre fils : “Tu m’avais parlé du laurier que tu ajoutais parfois au plat. Le voisin m’a dit que l’arbuste dans la cour était un laurier. J’ai voulu vérifier pour ne pas faire de bêtises ! Alors, j’ai vérifié avec Plantnet et c’était bien un laurier. J’ai ajouté quelques feuilles au plat… C’est vrai que c’est amer, j’en ai mis un peu trop ?

Le laurier dont vous avez parlé est celui que l’on utilise en cuisine. Son nom scientifique est Laurus nobilis. Le nom latin du laurier très toxique ajouté à la soupe, aussi appelé laurier rose, est Nerium oleander. D’autres lauriers sont toxiques, à l’instar du laurier-cerise (Prunus laurocerasus). Après cette soupe, un passage par le centre antipoison le plus proche vous serait réellement utile. En transmettant le nom latin des plantes à une personne, vous lui permettrez de bien les identifier (même en utilisant Plantnet !).

Le nom latin des plantes permet de créer du lien …

Ce qui m’a permis de retenir plus facilement le nom scientifique de plante a été mon intérêt pour les utilisations traditionnelles et l’histoire. Le nom latin des plantes permet en effet de déchiffrer leur signification, souvent liée à leurs caractéristiques morphologiques, à leur habitat ou à leur utilisation traditionnelle. Cette approche aide à créer des associations mnémoniques solides, permettant de se souvenir plus facilement des noms des plantes et de leur étymologie. En outre, cette pratique favorise une compréhension plus profonde de la diversité végétale et de son héritage linguistique, renforçant ainsi le lien entre l’Homme et le monde naturel.

Pourquoi l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) se nomme ainsi ? L’histoire raconte qu’Achille, trempé dans les eaux du Styx à sa naissance par sa mère qui le tenait par le talon (seul zone vulnérable de son corps), aurait soigné ses guerriers durant le siège de Troie avec cette plante. La feuille est finement découpée et donne l’impression d’être composée de mille feuilles.

Autre exemple, celui de la belladone (Atropa belladona). Certaines femmes de la Renaissance appliquaient du jus de belladone dans leurs yeux. Cela avait pour effet de dilater les pupilles et d’avoir un regard irrésistible… Que bella dona ! Quelle belle femme ! Bon, l’inconvénient est qu’elles pouvaient perdre la vue. Atropa correspond à l’une des trois Moires, Atropos (« inflexible » en grec ancien), celle qui coupait le fil de la vie… Ce qui rappelle bien le caractère très toxique et mortel de la plante à celui qui songerait à la consommer.

L’Homme apprécie particulièrement les histoires. Le nom latin des plantes permet de nous y plonger… et il y en a tant encore à découvrir !

Découvrez mes autres articles concernant les plantes sauvages.

Yvann Robinet
Yvann Robinethttps://bosquetsauvage.com
Je souhaite transmettre mes connaissances relatives aux plantes, partager mon intérêt pour l'autonomie et le développement de soi, promouvoir la connexion entre l'humanité et le monde naturel, remettre au goût du jour les mythes, les contes et les traditions anciennes. Actuellement élève de deuxième année au Collège Pratique d'Ethnobotanique (créé par François Couplan), je proposerai prochainement des activités sur le terrain dans le massif des Ardennes. Je vous en parle bientôt...

Le saviez-vous ?

La tradition de manger des crêpes à la Chandeleur trouve ses racines dans la symbolique du soleil et de la lumière. Les crêpes, rondes et dorées, étaient censées représenter le soleil et marquer la victoire de la lumière sur l'obscurité. En savoir plus.

Ne manquez pas mes prochains articles

Nous recevons déjà trop de mails ! C'est la raison pour laquelle je privilégie la qualité à la quantité. Des envois rares mais précieux : c'est le mieux pour vous, pour la planète et pour moi. Consultez la politique de confidentialité pour plus d’informations.

Cela peut vous intéresser...

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici