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Comment se nourrir dans la nature ?

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Se nourrir dans la nature a été la norme pendant des milliers d’années pour l’espèce humaine. Avec l’avènement de l’agriculture et des civilisations, nous avons perdu ce lien avec notre environnement. Aujourd’hui, le simple fait d’imaginer se nourrir en pleine nature semble impensable pour la majorité d’entre nous. Pourtant, la nature est abondante pour celle ou celui qui perçoit sa richesse.

Apprendre à se nourrir dans la nature est utile pour gagner en confiance et en autonomie. Réaliser que l’on peut trouver de la nourriture sans dépendre de qui que ce soit procure un sentiment de confiance indescriptible. Ce qui est à portée de main ne connaît pas l’inflation ou les pénuries, comme vous le verrez plus loin.

Cet article s’adresse à celles et ceux qui veulent se réapproprier ce qui a été perdu. Ces connaissances vous seront utiles non seulement pour glaner et profiter d’une alimentation riche et diversifiée au quotidien, mais aussi lors de vos randonnées et treks, en situation de d’urgence, sans oublier les personnes qui souhaitent gagner en autonomie.

Se nourrir dans la nature grâce à la cueillette de plantes sauvages

La première partie est consacrée aux plantes sauvages comestibles, car le rapport entre l’énergie dépensée pour leur cueillette et les nutriments qu’elles apportent est très avantageux. On profite ainsi des jeunes pousses au printemps, des fleurs et des feuilles en cours d’années, des fruits en été et des racines en hiver. Les plantes sont généralement la source de nourriture de base en pleine nature.

les arbres sont une bonne source de nourriture dans la nature
Les arbres constituent une excellente source de nourriture en pleine nature, comme vous le découvrirez plus tard.

Gagner en confiance en maîtrisant les bases

Cueillir les plantes sauvages est plus facile qu’il n’y parait. Vous savez déjà probablement reconnaître les orties et les plantains. Il est pourtant souvent difficile pour certaines personnes de commencer à cueillir, de peur de se tromper. Une astuce consiste à apprendre les quelques plantes mortelles présentes dans son pays, qu’il s’agisse de la France, de la Belgique, de la Suisse, du Québec, de l’Algérie, etc. Vous pouvez faire le même travail avec les baies toxiques. J’ai rédigé un article les concernant.

Adopter de bons réflexes permet d’éviter certains risques liés à la cueillette de plantes sauvages en pleine nature. Pour éviter d’être infecté par un parasite, faites cuire votre récolte si vous cueillez vos plantes à proximité d’un pâturage ou à moins de 50 cm du sol. Autre règle importante : ne consommez que les plantes que vous êtes certain d’avoir identifiées à 100%.

Enfin, veillez toujours à préserver la nature. Quelques exemples : si une seule espèce d’une plante spécifique pousse dans les environs, laissez-la fructifier. Ne la déracinez pas. S’il y a une quantité importante d’une même plante, épargnez les plus beaux spécimens pour qu’ils puissent transmettre leurs gènes à leur descendance. Vous vous adapterez selon la situation dans laquelle vous vous trouvez. Il va de soi que vos choix seront différents si vous pratiquez la cueillette pour le plaisir ou pour survivre.

Je vais à présent vous présenter quelques plantes faciles à reconnaître pour se nourrir en pleine nature.

Se nourrir dans la nature avec les plantes

Le plantain pour se nourrir en forêt
Le plantain lancéolé est une plante très commune, ce qui est idéal pour se nourrir dans la nature.

Les plantains (Plantago spp.) : le plantain lancéolé, le plantain moyen ou le grand plantain ont une délicate saveur de champignon. On les trouve généralement partout et toute l’année. Consultez l’article complet sur les plantains ici.

L’achillée millefeuille (Achillea millefolium L.) : une délicieuse plante aromatique que l’on trouve facilement en bords de chemins, dans les prairies, etc.

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea) : le nom de cette plante sauvage est trompeur puisqu’il ne ressemble en rien au lierre que vous connaissez. Il s’agit cependant d’une plante parfaite pour se nourrir dans la nature : on en trouve assez facilement.  Consultez l’article complet sur le lierre terrestre ici.

Les orties (Urtica spp.) : 100 grammes de feuilles fraiches d’ortie contiennent environ 8 grammes de protéines complètes, une quantité importante de calcium, de fer et de minéraux divers. C’est l’une des plantes à rechercher si vous souhaitez vous nourrir en pleine nature. Et elles sont faciles à reconnaître…

Le gaillet gratteron (Galium aparine L.) : cette plante que l’on considère comme une mauvaise herbe est pourtant très bonne lorsqu’elle est jeune. Elle fait partie de la famille du café et ses fruits permettent de fabriquer un succédané.  J’ai rédigé un article la concernant.

La cardamine hérissée (Cardamine hirsuta L.): une plante faisant partie de la famille des Brassicacées (les choux) et que nous avons la chance de pouvoir cueillir toute l’année. D’ailleurs, toutes les cardamines poussant en France sont comestibles, ce qui est parfait pour se nourrir dans la nature.

Les pissenlits (Taraxacum spp.)  : facilement reconnaissables et vraiment savoureux, les pissenlits sont très abondants. Attention toutefois au lieu de cueillette puisque ces derniers ont tendance à pousser dans les pâturages. Ils sont donc susceptibles d’être infectés par la douve du foie. Il faudrait dans ce cas faire cuire votre récolte.

La quenouille (Typha latifolia) : aussi appelée massette, c’est une plante abondante que l’on trouve à proximité des étangs. Tout est comestible : les jeunes pousses et la tige, le pollen, l’épi, etc. On peut utiliser ses fibres en vannerie, son coton comme isolant. C’est une plante à connaître en survie. Un article lui est consacré.

Je pourrais aussi citer le mouron blanc, la bistorte, le pourpier, etc. Cette liste est très loin d’être exhaustive. L’abondance de la nature ne pourrait facilement être énumérée.

Apprendre à reconnaître les plantes progressivement

Vouloir se nourrir dans la nature peut vous fournir suffisamment de motivation pour acquérir de nouvelles connaissances. Vous pouvez le faire dès à présent en vous engageant à étudier une nouvelle plante sauvage par semaine. Dans votre apprentissage, vous vous rendrez compte qu’en apprenant à reconnaître le plantain lancéolé, vous serez en réalité capable d’identifier tous les plantains (ils sont tous comestibles).

Ce n’est pas dans la tempête que l’on apprend à naviguer. Si vous préférez, rien ne vous empêche de vous former auprès d’une association, grâce à des tutoriels ou à des ouvrages spécialisés. Il est cependant judicieux d’ancrer ces nouvelles informations par la pratique. Il existe de nombreux ouvrages pour apprendre à reconnaître les plantes sauvages. Certains sont conçus pour être emportés sur le terrain. Partir en balade avec ses enfants et retransmettre ce que l’on vient d’apprendre permet de bien mémoriser (tout en créant de chouettes souvenirs).

Les feuilles des arbres : une source de nourriture accessible en pleine nature

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Les feuilles des arbres sont idéales pour se nourrir dans la nature au printemps.

Les arbres sont une source de nourriture illimitée à connaître. La texture de leurs feuilles est vraiment agréable au printemps. Si vous souhaitez vous en nourrir plus tard dans l’année, il vaut mieux les blanchir avant de les ajouter à vos potages ou les faire cuire à la poêle. Rien ne vous empêche de les faire sécher pour les réduire en poudre : vous obtiendrez ainsi une poudre consistante et nutritive à ajouter dans vos préparations culinaires.

Vous pouvez consommer les feuilles de tous les tilleuls (Tilia sp.). La saveur de leurs feuilles est vraiment très agréable. Vous pouvez les consommer sans problème jusqu’à la fin du mois de juin. Il faudra les blanchir par la suite. Tout est comestible chez le tilleul. De nombreux arbres permettent de se nourrir dans la nature. Les feuilles des chênes (Quercus sp.), de l’érable plane (Acer platanoïdes), de l’aubépine (Crataegus monogina) ou encore de l’églantier (Rosa canina) sont agréables au stade jeune. Les fruits de l’orme (Ulmus sp.) apparaissent avant ses feuilles. Vous pouvez les consommer en poêlées ou crues. Les feuilles du hêtre ont une saveur acidulée qui reste toutefois agréable au printemps.

Il y a aussi des arbres dont les feuilles sont comestibles avec modération : le merisier (Prunus avium), l’aulne glutineux (Alnus glutinosa). Enfin, si d’autres espèces d’arbres sont comestibles, leur saveur est beaucoup moins agréable : les feuilles de l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus), celles du charme (Carpinus betulus) ou les feuilles du bouleau (Betula verrucosa).

Si vous n’avez aucune connaissance des plantes et que vous vous trouvez en situation de survie, il existe un protocole pour éviter de prendre des risques inconsidérés.

Technique pour essayer une nouvelle source de nourriture en pleine nature

Je l’ai déjà écrit, mais ce n’est pas dans la tempête que l’on apprend à naviguer. Il est préférable d’utiliser les occasions qui se présentent à nous pour acquérir les connaissances progressivement. Il est cependant difficile de tout connaître, et si les quelques connaissances suffisent pour se nourrir dans la nature pendant plusieurs jours, cela peut se compliquer sur le long terme. Vous pouvez néanmoins accumuler des connaissances empiriques.

Observez la plante : vous fait-elle penser à une plante comestible ou toxique que vous connaissez déjà ? Prenez ensuite une feuille et froissez-la entre vos doigts : quel type d’odeur s’en dégage ? S’il n’y a pas d’odeur repoussante, vous pouvez continuer.
Faites un test cutané en frottant la feuille dans le pli de votre coude. La peau y est très sensible. Après 30 minutes, s’il n’y a aucune rougeur ou démangeaison, vous pouvez continuer.

Posez ensuite un petit morceau sur votre langue pendant quelques instants. Si vous ne ressentez rien d’anormal, vous pouvez le macher deux à trois fois avant de le recracher. S’il n’y a aucune réaction suspecte au bout de 30 minutes, vous pouvez avaler un petit morceau. Attendez ensuite au moins 3 heures et surveillez d’éventuelles réactions. N’avalez rien d’autre pour ne pas compromettre le test. Si tout se passe bien, ingérez une quantité plus importante et attendez encore 3 heures. S’il n’y a rien d’anormal, il s’agit certainement d’une plante comestible.

Pour information, une plante au goût savonneux ou d’amande amère est à éviter. Cela ne veut pas dire que toutes les plantes toxiques ou mortelles ont mauvais goût (ce serait trop simple…), mais c’est un facteur à prendre en considération.

Il arrive qu’une plante devienne comestible après la cuisson. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de faire cuire au maximum les aliments si cela est possible. Cela permet de plus d’éliminer les éventuels parasites et germes.

Les insectes et les lombrics

Se nourrir en forêt avec les lombrics

Une bonne manière d’obtenir des protéines sans fournir trop d’efforts est de se nourrir de larves, de fourmis, de criquets ou de lombrics. L’acide formique produite par les fourmis est dangereuse pour les personnes allergiques. Faites un test cutané au cas où ! Concernant les lombrics, je vous invite à consulter la méthode pour les « récolter » et les cuisiner.

La pêche et le piégeage

Si les plantes sauvages et les insectes permettent de se nourrir dans la nature sans trop d’efforts, il faut un peu de patience pour attraper du poisson ou du gibier.
Vous pouvez créer un piège à poissons, en confectionnant un enclos en forme d’entonnoir. Le poisson entrera, mais aura beaucoup de difficultés à sortir. Cela demande pas mal d’efforts. Une autre astuce consiste à utiliser un bidon ou une bouteille d’eau en plastique par exemple. Il suffira d’attirer le poisson avec un appât au fond de la bouteille.
Si vous avez le temps, une corde et un hameçon feront aussi l’affaire. Utilisez une épine d’aubépine comme hameçon d’appoint si vous n’en avez pas, ou une épingle de sureté. Les restes de nourriture constituent de bons appâts, sinon, utilisez simplement les vers de terre.
Il existe de nombreux ouvrages pour apprendre à pêcher, n’hésitez pas à vous former si cela vous intéresse.

Concernant le gibier, le moyen le plus simple d’en attraper est la pose de pièges. Cela n’est pas autorisé partout. Vérifiez la législation en vigueur dans votre pays. C’est évidemment toléré en situation de survie. Je vous invite là aussi à vous former auprès de personnes compétentes.

Comment se nourrir dans la nature en hiver ?

Se nourrir dans la nature en hiver est certes plus difficile, mais pas impossible. Si vous n’êtes pas en situation de survie, le surplus de nourriture au printemps, en été et en automne pourrait être stocké et conservé pour passer l’hiver. Ceci dit, les hivers sont et seront de plus en plus doux, réchauffement climatique oblige. À moins de vivre à la montagne en Suisse ou au Québec, de plus en plus de plantes sont disponibles même en hiver.  

Le Cynorhodon est riche en vitamine C
Le Cynorhodon est riche en vitamine C

Néanmoins, de nombreux fruits restent accessibles en plein hiver, à l’instar de la cenelle, le fruit de l’aubépine. De couleur rouge et de texture ferme en septembre, il se flétrit peu à peu au fil des mois. Même s’il vire au marron, il reste comestible. Je peux citer aussi le cynorhodon de l’églantier, à l’agréable saveur acidulée et très riche en vitamines C. Il est meilleur blet, mais vous pouvez le faire cuire pour le ramollir.

Observez votre environnement, de nombreuses plantes bisannuelles sont en dormance. Leurs racines sont très nutritives, à l’instar des racines de la bardane. Elles ont une agréable saveur d’artichaut. Il est nécessaire de les cueillir à la fin de leur première année, lorsque la plante a emmagasiné suffisamment de glucides pour le développement des fleurs l’année suivante. La présence d’une tige séchée et dressée de bardane témoigne souvent de la présence d’individus plus jeunes à proximité, dans leur première année.

Si vous êtes patients, il est possible de se nourrir dans la nature grâce aux glands. Les glands des chênes du sud de la France et d’Europe sont beaucoup moins riches en tanins et sont plus rapides à préparer. Il est en effet nécessaire d’éliminer leurs tanins, solubles dans l’eau, avant de les consommer. Laissez-les tremper dans un ruisseau pendant au moins une semaine ou faites-les tremper dans un seau d’eau, dans lequel vous aurez ajouté des cendres ou de l’argile. Ils absorberont plus rapidement le tanin des glands.

Cet article est loin d’être exhaustif. J’espère cependant que vous avez des pistes pour vous nourrir en pleine nature. J’aurais pu parler des champignons, du cambium des arbres et approfondir la partie consacrée à la pêche ou au piégeage, mais cet article est, je crois, suffisamment long. Si cela vous intéresse, il y a l’article dédié à la nourriture à trouver en forêt.


Qu’avez-vous pensé de cet article ? Vous souhaitez partager vos astuces pour trouver de la nourriture dans la nature ? 😊

Yvann Robinet
Yvann Robinethttps://bosquetsauvage.com
Je souhaite transmettre mes connaissances relatives aux plantes, partager mon intérêt pour l'autonomie et le développement de soi, promouvoir la connexion entre l'humanité et le monde naturel, remettre au goût du jour les mythes, les contes et les traditions anciennes. Actuellement élève de deuxième année au Collège Pratique d'Ethnobotanique (créé par François Couplan), je proposerai prochainement des activités sur le terrain dans le massif des Ardennes. Je vous en parle bientôt...

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L'ail des ours était utilisé par les Celtes en tant que plante purifiante. Elle était considérée comme une plante magique du fait de son odeur puissante. Portée par une femme enceinte, la plante protégeait l'enfant à venir.

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